Interview de Lemmy à Montreux

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INTERVIEW DE LEMMY À MONTREUX

 

Lemmy à Montreux, photo prise par Chantal DERVEY

 

 

Le 7 Juillet, Motörhead était à Montreux (Suisse) pour le Jazz Festival. Le journal vaudois 24 Heures en profite pour rencontrer Lemmy qui commence l'interview par « We don't play jazz. We are Motörhead ! ».  Le journaliste refuse un verre de Jack Daniel's et une cigarette, proposés par Lemmy qui lui dit « Tu fumes pas, tu bois pas, tu dois être de la dynamite au lit ! ». Le journaliste en profite pour commencer l'interview en demandant comment va Lemmy.

Lemmy: Pour l'instant, ça va. Sans pression particulière. C'est juste un autre concert. Un micro et une scène.

 

Jornaliste : Au croisement entre rock'n'roll et punk, que vous inspirent les 30 ans de la mort d'Elvis et de l'explosion punk ?

L: Je m'en fous, franchement, les deux m'emmerdent. Le jour de la mort d'Elvis? Je ne me rappelle même pas où j'étais à cette époque. En Angleterre, je crois? On m'a dit: «Elvis est mort!» J'ai répondu: «Elvis qui?»

 

J: Enfant dans les années 1950, quel était votre rocker favori?

L: Little Richard. Eddie Cochran aussi, à ses débuts. Mais Little Richard était excellent, il n'arrêtait jamais. A fond, toujours!

 

J: Motörhead est réputé pour jouer fort. Quelle fut votre première expérience avec le haut volume?

L: The Who, en 1964. A Manchester, je n'avais jamais entendu un truc pareil. Je me suis dit: «Voilà comment ça doit sonner!» Et j'avais raison. Pete Townshend fut une grande influence pour moi car il jouait tout en accords. De vrais riffs.

 

J: Ce soir, des fans de tous âges sont venus vous voir. Appréciez-vous ce statut de légende rock?

L: Une sorte d'Elvis? Non, je déteste ça. Les légendes sont mortes, right Pas moi! Pas encore.

 

J: Dans le film Airheads, où vous faites d'ailleurs une apparition, un musicien demande à l'autre quel serait le vainqueur d'un combat de catch entre Lemmy et Dieu. Ce à quoi l'autre rétorque que Lemmy EST Dieu, donc le match impossible.

L: (Rire). Ils avaient placé cette phrase avant que je ne joue dans le film! Je ne crois pas en Dieu, difficile donc de m'imaginer à sa place. Le cas échéant, je tuerais tout le monde et repartirais à zéro. On a tellement merdé.

 

J: Allons, Lemmy, Dieu est amour!

L: Sans blague? J'ai dû rater des chapitres. Dieu aime le sang, oui. Regarde autour de toi, lis la Bible.

 

J: Si, étant Dieu, vous aviez le pouvoir de ressusciter un homme?

L: (Immédiatement) Hendrix! Et Lennon, Harrison? The Beatles étaient les meilleurs. Ils ont tout changé dans la musique, ils ont même changé le monde.

 

J: Et si vous pouviez jouer avec un musicien disparu?

L: De la basse avec le jeune Little Richard. Et avec Hendrix, évidemment. J'ai joué avec lui, en fait. Pendant un sound check?

 

J: Hendrix semble vous inspirer beaucoup de bons souvenirs?

L: Oui mais pas suffisamment. J'étais sous acide non-stop.

 

J: Vous le regrettez?

L: Pas du tout, c'était génial. En fait je recommande le LSD, ce fut une drogue éducative pour moi. Pas pour tous, c'est vrai? Je suis un mauvais exemple, je gère bien les drogues. A chacun de faire ses expériences. Mais on ne trouve plus de bons acides aujourd'hui.

 

J: Vous en avez pris sur scène?

L: Quand j'étais avec Hawkwind, oui. Souvent. En fait tout le temps.

 

J: Quel est le meilleur état pour jouer Motörhead: sobre ou défoncé?

L: Quelque part entre les deux? Ça s'apprend, ce n'est pas facile. Quand j'étais jeune, j'avais envie d'y aller à fond, parfois je dérapais. Mais pas autant que Pete Doherty. Je l'ai rencontré l'an passé, avec son groupe (il cherche le nom), Bubble Suckers.

 

J: Baby Shambles?

L: Right! J'ai dit quoi? Bref, ils étaient horribles, vraiment nuls.

 

J: Vous souvenez-vous d'un concert vraiment calamiteux car trop imbibé d'alcool?

L: Tu ne te rappelles pas du concert quand tu es bourré, c'est le grand avantage de la chose. (rire). Avec Hawkwind, j'ai joué dans des états impossibles alors que nous enregistrions un album live! Je ne savais même pas dans quelle direction était la foule. Un roadie devait m'orienter sur scène. «Merci, mec. Maintenant dis-moi à quelle distance est le public!»

 

J: Comment avez-vous géré les limites de volumes suisses?

L: Je m'en fous, je ne suis pas Suisse.

 

J: A Montpellier en 1995, un club a dû fermer trois mois durant pour consolider son plafond après un concert de Motörhead. Vous aviez fissuré la dalle de béton?

L: Tu rigoles? Well, si c'est vrai, ils ont eu un plus joli club grâce à nous. Ils auraient dû nous donner une rallonge sur le cachet.

 

J: Vous avez d'autres histoires de ce type?

L: A Cleveland, le limiteur de volume installé au plafond de la salle est tombé pendant que nous jouions. Il est passé tout près de moi. Ça m'aurait emmerdé de mourir à cause d'un limiteur de volume!

 

Source : 24 Heures  ;  Jornaliste : François BARRAS

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